Le délai global de règlement des fournisseurs en France s'établissait à 56 jours début 2010 selon lesecrétaire d'Etat chargé des PME, Frédéric Lefebvre. Ce chiffre est à rapprocher des 67 jours constatés avant l'application de la loi de modernisation de l'économie limitant les délais de paiement à compter du 1er janvier 2009.
Contractuellement, par le biais des dispositions législatives successives et autres directives européenne de lutte contre les délais de paiement abusifs, les délais contractuels diminuent depuis le début des années 2000.
Les disparités sont importantes en Europe. De 90 à 120 jours en Espagne ou au Portugal, le délai contractuel se négocie en Allemagne d'un paiement comptant à 30 jours nets. En France, le délai négocié varie généralement de 30 à 60 jours nets.
Au 31 décembre 2010, selon ALTARES, les retards de paiement représentent en France 12,2 jours contre 14% en Europe. Ce chiffre est identique à celui que nous constations fin 2008. Les retards de paiement les plus importants se constatent au Portugal (28,7 jours) et en Espagne (22,7 jours).
Ainsi la réduction des délais contractuels, imposés par la loi LME, n'ont globalement plus d'effets négatifs sur le comportement de paiement des entreprises françaises.
Toutefois, des progrès importants restent à faire.
1 entreprise sur 3 seulement respecte l'échéance de règlement de ses fournisseurs
En effet, seulement 32,5% des entreprises françaises paient leurs fournisseurs à l'échéance, alors que 37,5% d'entre elles différent leur règlement de 1 et 15 jours et 30% au-delà de 30 jours.
Il est intéressant d'observer les bonnes pratiques de l'Allemagne. 6 entreprises sur 10 respectent les échéances portées sur les factures et 2,5 % paient même avant l'échéance.
Outre la légendaire discipline germanique, les bons comportements peuvent aussi s'expliquer par des conditions d'escompte pour paiement anticipé avantageuses et par des pénalités de retard dissuasives.
Des inégalités selon les secteurs d'activité
Les défauts de paiement les plus importants se constatent en France sont de 16,8 jours dans le secteur de l'immobilier et de 13,6 jours pour les services. A l'inverse, les retards de paiement ne sont « que » de 9,4 jours dans le bâtiment et de 9,6 jours pour les administrations.
En Europe, il vaut mieux vendre à une administration allemande dont le retard moyen n'est que de 5,4 jours, plutôt qu'à une entreprise du secteur immobilier dont le paiement n'est pas à attendre avant le 39ième jour qui suit l'échéance.
Le temps n'est pas favorable à l'encaissement des créances
Statistiquement, le risque d'impayé augmente avec l'âge de la créance. De 2% à moins de 15 jours, la probabilité dépasse 10% au-delà de 60 jours.
Sachant que le défaut de paiement constitue la première cause de défaillance d'une entreprise (24% en 2008), l'efficacité de la gestion du poste clients est cruciale pour le fournisseur.
Etude complete : http://www.altares.fr/index.php/publications/etudes-altares/retard-de-paiement-europe